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Publié par Anthony

L'avachissement de l'esprit c'est plus la déconcentration non-aristocratique de la pensée. C'est à la fois la décadence pour les aristos qui ne veulent pas gouverner (Voltaire, D'Alembert, Lavoisier) par exemple mais qui s'affublent de ce vieux terme et le nihilisme de Julien Dutant, qui en reste à la mesure de validité des affirmations et des énoncés, sans en produire. Sur les âmes d'aristos, comme le relève Deleuze de la bouche de Nietzsche (p.92 de son DzNP), tendre à l'aristocratie (le besoin de l'atteindre) est renier l'aristocratie : "Etre actif, c'est tendre à la puissance" non au pouvoir (_48). c'est une sorte de paradoxe qui provient de ce que Nietzsche (qui avait eu une grande amitié avec un aristocrate, l'alter-ego des 5 conférences sur les établissements de culture) emploie un terme issu du régime de la gouvernance tout en niant au final l'optique de la gouvernance dans la citation en tout cas, on peut demeurer actif sans atteindre l'aristocratie c'est même le piège attendu, et c'est ce qui fait la grandeur de Périclès. La réalité est autre puisque pour reprendre les distinction de Machiavel entre pouvoir héréditaire et pouvoir nouveau (Le prince, chap I à III), ou celle que nous a fait loraux vendredi entre justice de genos (filiation, sang pour sang) et justice d'égalité (distinction entre la place et la personne qui permutent périodiquement contrairement au tyran), le pouvoir nouveau est celui qui impose son propre cadre de référence. J'avais envie un peu de t'évoquer en condensé les cours de Loraux et Douailler d'avant hier (le réel concis, tranchant et polémique chez les grecs et la lecture des notes sur Machiavel de Merleau-Ponty). Dans le premier cas c'est toujours les mêmes qui commandent et les mêmes qui obéissent ; dans le second cas les uns commandent puis obéissent quand d'autres commandent. Mais cela reste assez binaire, c'est le Loraux grec et non le loraux contemporain.

Ah oui Loraux est dualiste comme tous les contemplatifs, entre l'un et le deux je pratique l'helxis ou l'épochè chère à Nietzsche. Finalement Deleuze, Foucault, Baudrillard, Badiou, Loraux sont des gardiens du dualisme qui reste la tréfond de la métaphysique. Le monisme comme le pensait déjà Aristote c'est nier le principe, la substance si l'on attarde sur ce dont il est question sous ce terme, chez le plus grand moniste qu'est Spinoza, est la productivité infinie des choses singulières, leur effectivité (au vu que la réalité est perfection), la nature naturante mais nul part on trouvera une entité. Comme tous, et pour reprendre Loraux, je dirai qu'il y a un écart entre le corps et l'esprit (entendu comme la direction, la pointe du vecteur, cette direction se détachant chez Nietzsche de la conscience comme dimension réactive), mais je ne réduit pas cela à un dualisme car reste les énergies, les forces (qui ne sont pas les volontés mais ce dont elles disposent, le fond d'affectivité). Les volontés s'emparent, elles, d'une direction mais ne sont pas une dépense d'énergie qui fait avec l'époque ambiante, les liens qu'elle est capable d'amener. Donc, ce n'est nullement à partir de deux éléments que l'on explique le reste, notamment les dimensions du travail ou de la vie à moins de les faire passer pour métaphysique (comme Lecerf dans le premier cas, comme Deleuze dans le second cas, puisque le tut tant au Virtuel, à la grâce qu'est la clameur de l'être originel et non à ce souffle qui est au-delà de l'effort contre les vides de toutes natures (ascétisme de la volonté de néant, place vide du Dieu mort conservé chez Heidegger et Badiou). Si l'on croît qu'il n'y a que du visible, du "physique" comme on dit, alors où serait la nécessité de croire à ce visible. Il n'y a pas que le visible et son pendant qui nous tourne le dos, à savoir l'invisible, le caché, le secret., non il y a surtout de l'inaperçu, de l'impensé, du "ce qui doit être perçu" (percipiendum), qui n'est pas le résultat d'une volonté sournoise ou métaphysique mais plus d'un manque de finesse et plus encore de volonté éduquée. Tout est affaire de crible, de conception face à ce qui nous arrive et qui au final pose prolème, ces problèmes qui nous arrivent dans les pattes et qui dénotent un incapacité à un instant donné.
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