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Publié par Le Cazals

Voici une réponse à la thèse d'Eric Lecerf selon laquelle le travail est métaphysique c'est-à-dire qu'il se rapporterait au final à une pensée de l'Être. Ce que l'on peut dire pour dépasser les théories nihiliste de l'équivalence de toute chose (propre par exemple à la sphère d'internet ou la sphère lucrative et marchande), c'est que le philosophe est toujours celui qui fausse l'échelle des valeurs par sa seule existence et, dans le cas de Socrate - qui sais qu'il ne sait rien - par sa seule réplique. Nous sortirons des pitreries de Marx selon lesquelles la valeur qui dépasserait la valeur d'échange (le prix  et le salaire), serait la valeur d'usage (l'interessement, l'utilité intime), car il existe bel et bien une valeur qui s'appelle l'importance et que les philosophies dogmatiques ou académique (tous les philosophes enseignant de Platon à Heidegger) ont longtemps mutilé à force d'être perdus dans les textes philosophiques et de n'avoir la capacité à les digérer (c'étaient des maladifs, des grégaires, des nécessiteux d'école philosophique). Cette mutitaltion, cet ajout du vide, ce plombage de la dynamique fut nommer Vérité, mais ce n'était qu'une esthétisation pour nous faire râté ce qui était l'important à sa l'indication de là où doit se porter l'effort, de l'indication de ce qui, au travers du risque et de l'audace, a de l'importance. Ainsi les philosophes tragiques amorcent-ils leurs propos par "ce qui importe..." plutôt que de discourir "en vérité". En vérité, je vous le dit..." on s'est longtemps illusionner : ce qui relevait d'une effervescence de pensées s'est très vite figé en des vérités, en des énoncés dont on analysait le vrai et le faux au travers d'un savoir (L'épistémè ou le cognitif). Indiquer ce qui a de l'importance relève davantage d'une culture créatrice que d'une civilisation qui dompte les esprits et impose une direction (cette direction est l'esprit au-delà de la conscience).

Le travail est métaphysique pour Jules Leroux
comme pour Eric Lecerf mais dire cela c'est poursuivre une quête ascétique de vérité plutôt que d'insuffler ce qui importe, c'est rester prisonnier de la sphère de la gouvernance (celle qui résume la politique à des régimes de domination (cratein) : aristocratie (les meilleurs héritiers),  oligarchie (les quelques parvenus), démocratie (le peuple médiocre et pragmatique). Ceci se retrouve dans le texte de Leroux qui suit et dont s'inspire Eric Lecerf, notez plus bas, la distinction faite entre l'ouvrier, le bourgeois et le gouvernant). Cette distinction faite c'est un début de direction qui s'amorce et coupe tout droit vers la métaphysique en niant qu'une direction toute autre, pleine de vitalité puisse être prise. Et oui, il reste que le créateur de valeurs vient fausser toutes les échelles de valeurs pour la simple raison que sa capacité à vivre différemment, et par conséquent immoralement, n'a pas d'équivalence sur le marché du travail, dans notre économie spectaculaire qui prônait jusque là la rareté, rareté qui en dernier lieu était métaphysique. Par son effort et sa vitalité qui parvient au souffle (pour singer Ravaisson une autre référence d'Eric Lecerf), le créateur (qui a toute les allures d'un déviant ou d'un personnage bizarre) insuffle une culture qui, si l'énergie vient à manquer, bascule dans le domptage des "êtres". Ceci s'est produit avec Socrate qui jugea la cité grecque, qui s'attaqua à la tragédie en incitant Sophocle à introduire dans ses tragédies un discours rationnel et moral, celui qui coupe l'élan parce que certain n'ont plus de souffle et demande en dernière volonté que l'on sacrifier un coq au dieu-médecin Ascéplios. Et oui (quand la culture se fige en une civilisation, ce qui arriva à l'hélénisme qui se figea en une morale judéo-grecque, c'est ce qui arriva aux hommes de la renaissance qui tournèrent, via la sauce humaniste, en une civilisation bourgeoise d'hommes supérieurs et non en une culture de créateurs, d'insuffleur, de personnalité qui affecte le peuple pour le désagrégé et le sortir de sa souveraienté (son pouvoirn, son cratein).

Dire que le travail est métaphysique c'est au fond s'appuyer sur un pouvoir, ou au mieux demander à celui-ci qu'il soit le mécène de votre quête de vérité métaphysique mais ce n'est pas se débarrasser du pouvoir, de la gouvernance et de vouloir et viser la puissance, la capacité à exercer son effort et son audace sur la réalité qui vous entoure, davantage pour la transfigurer que pour la dominer ou la maîtriser. Voilà ce que nous pourrions dire pour ne pas nous leurrer. C'est bel et bien une affaire de souffle qui s'exerce au-delà de tout effort mais ce souffle qui peut-être délire, qui peut-être engagement (la lutte le polémos), car tels sont les "principes" grecs qui annoncèrent l'hellénisme bien loin de la connaissance de soi ou du souci de soi. C'est bel et bien l'affirmation d'une personnalité divergente qui compte car celle-ci indique la brèche à suivre. 

L'effort à produire n'est en rien spirituel ou matériel (comme cela pointe son ombre dans la trajectoire philosophique d'Eric Lecerf), en cela nous nous éloignons de Ravaisson (cf.  De l'habiture et testament philosophie) et de Maine de Biran pour être au plus prêt de ce qu'a pu être la dynamique grecque, le fait de s'en tenir à des buts proches, le fait de ne pas remettre les problèmes importants à demain (atermoiement et procrastination des maladifs réunis en académies), le fait de concentrer toutes les tendances psychologiques dans les mythes et non dans une histoire qui paralyse, dissuade d'entreprendre et maintient tout les buts éloignés.  Celui qui  "écrit" l'histoire est toujours celui qui s'oppose à sa marche civilisatrice ou Frinkelkrauptienne (
voire sarkozyste) et délire sur des mythes (de simples fictions) qu'il s'invente.  Tel est l'effort à produire pour ne jamais se tenir éloigné des buts que l'on se donne.
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