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Publié par Le Cazals

Dire que l’être et le non-être c’est au fond la même chose, or n’est que dénoncer qu’être et non-être participer d’un même régime de penser qui croyant rejeter les illusions n’a fait que les renforcer. C’est le contre-coup nihiliste de toute pensée abstraite. Si toute la philosophie occidentale (hormis Hume, Spinoza, Bergson, Nietzsche, les récents Deleuze et Foucault, quelques autres) est partie de l’illusion statique et fixiste de l’être on peut dire qu’aujourd’hui encore n'en est guère sorti puisque pour lui comme pour Zénon d'Elée, l'être du mouvement est immobile alors que ce même être devait inconsister. De même Badiou se fait hobereau du versant parménidien de la philosophie en répétant à tue-tête pratiquement une dizaine de fois dans toute son œuvre : Penser et être, c’est la même chose. Tout cela partant d’une mauvaise traduction de Jean Beaufret (« Le même, lui, est à la fois pensée et être »). Mais cette formule  sert un peu de paravent, de cache-sexe car si, comme le fait remarquer Slavoj Zizek dans un dialogue avec Medhi Belaj Kacem, Badiou est plus proche de la fidélité que de l'évènement, c'est qu'au fond il ne sort pas de la pensée inconsistante de l'être (comme ile dit Badiou, sa pensée, et c'est la son grand vide, doit « sur les inconsistances s'appuyer », sur ce qui existe conceptuellemnt mais pas dans la réalité). Ainsi c'est à un crible, une interprétation abstraite de la réalité à laquelle on aboutit. Sa pensée de fidélité au statisme (l’être du mouvement est immobile au lieu de dire qu’il n’y a tout simplement pas d'être sur quoi appuver le mouvement), Badiou la fait reposer sur le propre (comprenez sur ce qui est propre à la pensée de Badiou à savoir le Même, comme nous l'avons vu plus haut). Nous ne développerons pas ici le genre du Même. La pensée de Badiou  Badiou repose donc sur le propre comme celle de l’Etre sur le vide. 


« la mathématique et la logique se croient, en raison de leur pureté formelle, quitte de tout mensonge moral ou métaphysique alors qu’elle ne font que pousser jusqu’au bout la logique du vide, celle même de
« l’être » », nous dit la grande Monique Dixaut. La pensée de Badiou n’est pas soudée à l'être qui n'est que la moitié de l’hypothèse de départ qu’il y aurait du Deux (c'est-à-dire à la fois de l’Etre et de l'événement, c'est-à-dire à la fois du Même et de l’Autre, les fameux genres). Dire qu'il y a du Deux c'est dire qu’il y a crise c’est-à-dire en fait choix (krisis) entre l’Etre et de l’Evénement (mais en fait la fidélité au Deux) entre le Même et l’Autre (alors que c’est un retour à ce qui lui est propre, à savoir le même, une existence aride dans la pensée abstraite). Poser la crise par exemple en mathématique (qui ne saurait où elle va, alors que l'ontologie, oui), poser la crise en politique pour se mettre à la penser de manière restreinte (comme la fidélité à un événement politique). La crise (krisis) implique une coupure (événement qu’il y aurait du Deux) et permet d’interpréter à partir de ce Deux et donc de faire le choix du Deux : choix lui même qui est krisis et nous maintient dans la crise de départ. Le choix ou basculement véritable se fait en fait entre ceux qui réactif par rapport au mouvement et ceux qui l'accompagnent à prendre un risque. Le non-choix ou l'indifférence au Deux nie cette antinomie que pose la pensée abstraite pour justifier tout son raisonnement et sa posture. Cette antinomie entre l’Etre et Evénement, le Même et l’Autre, le Bien et le Mal et ceux qui seraient indifférents à ce choix (krisis) et qui poursuivent sur leur trajectoire. Mais ce non-choix est pour Badiou, qui s'est désigné lui-même juge du « tribunal de l’égalité » déjà un choix. On parle d'auto-légitimation. Quant au tribunal de l’égalité c'est le fait d’être renvoyé non à statut mais à son choix. La pensée de Badiou est partout une impasse autour du vide car quelque soit le choix nous nous trouvons soit face au vide de l’Etre (vide qui fait qu’il y aurait pas d’au delà de l’Etre (y sont subordonnés les devenirs).et le vide que défend Badiou en « escorte de la vérité », le vide de la vérité, qui ne doit absolument pas communiquer avec le vide de l’Etre auquel cas il n’y aurait plus de Deux, dont de choix possible. Ces inepties racontées, on se rend compte que tout cela par d’une esthétisation crépusculaire qui a dépravé en fait bien avant l’événement mai 68 (celui-ci ne servant que de prétexte tout comme l’amour) à poser des axiomes (hypothèse du Deux) et à le suivre fidèlement (c’est-à-dire platoniser). Mais très vite on s’aperçoit qui plus que l’affect premier de Badiou est l’étonnement face au renégat de 1968, c’est à dire que Badiou ne s’est jamais remis de la port du Père Althusser le giscardien chrétien.

 

Tous ceux qui se refusaient à l’antinomie qu’il y a du Deux ( c’est-à-dire au choix ou à la crise) comme situation de fait, seraient alors excluent. Une manière de chercher que celui qui se réclame philosophe à d’autant plus besoin des médias pour nous le faire croire alors qu’il n’invente aucune capacité de vie nouvelle, que sa philosophie n’est pas viable. Inquiétude de Badiou de se faire passer pour un philosophe alors que précisément il n’est ni sorti de l’institution ni de la planche à propagande qu’est l’édition. Celui qui l’occulterai en tant que philosophe serait par la même jugé de fasciste mais c’est qu’un philosophe se doit de rejeter tout amour-propre toute vanité alors que précisément le « philosophe » (ou si le nœud entre culture philosophique et pensée abstraite n’est pas scellé) de Badiou n’est qu’amour de ce qui lui est propre : le fameux « retour au même ».Comme chez Mary, l’émancipation passe par une conservation de la propriété, illusion de l’imagination dénoncée par Nietzsche et Spinoza.

 

Toute pensée dialectique ou axiomatique, allant de l’hypothèse de départ (ici l’axiome qu’il y aurait du Deux c’est-à-dire la filtration ou réduction du multiple) au principe à l’hypothétique (chez Platon le bien chez Badiou le propre). On comprend alors que; dans le système de Badiou, tout tourne autour de sa personne (et revient toujours au Même). Le Bien, l'une des alternative dans le choix (la krisis ou le Deux), lui ce qui n’a pas de propriété, c’est-à-dire l’impropre qui arrête la régression à l’infini des idées, et aussi est bce qui fait qu’il y a pas de vérité de la vérité mais simplement une esthétisation de la vérité puisque toutes ses vérités (qu’il a le tort de qualifier de générique) partent du postulat qu’il y a des genres. Ceci fait que son monde de raison générique (posant ce postulat) est de l’ordre de la démonstration mathématique(ou fiction comme Badiou l'énonce dans Conditions) qui jamais ne rejoint la « vérité » (toujours hyperbolique donc jamais atteinte si vous préférez) et comme Badiou le dit lui-même le critère de la démonstration mathématique ne saurait être le vrai, mais serait le beau. […] s’autoproclamer juge et gardien de la vérité (qui est vide) n’est en aucune mesure semblable au fait d’indiquer ce qui a de l’importance (pour une époque donnée, présentement celle qui a rejeté et l’esprit et la matière comme erreurs du passé ; comme ce qui a poussé vers plus de nuance.

Face à la pensée de l’Etre et à son impasse inhumaine, c’est bel et bien une grande synthèse qu’il faut produire, synthèse qui pourrait donner à chacun la manière de s’orienter vers la création. Alors ce qui passerait pour un non-choix entre le Bien et le Mal, une déviance faite de l’indifférence, serait simplement d’affirmation qu’un système nerveux et hormonal tout à fait différent serait totalement viable et enviable.

 




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Commenter cet article

étonnant 28/04/2008 15:25

je ne voudrais pas être méchant, mais comment pouvez vous faire autant de fautes d'ortographe et de syntaxe? c'est étonnant qu'il y en ait tellement dans un élève de fac, qui se soucie en plus de faire de la recherche logique, ce qui maigrit un peu l'intêret de votre article...

Monique Dixaut 26/02/2008 23:28

Récuser le concept même d'être signifie récuser la vérité de tout concept puisque ce concept n'est que le dernier et non le premier terme du processus de formation des conceptsNA, 142

oyseaulx, avec les contributions de la sourys papivore 02/02/2008 17:07

Ne serait-ce pas, plutôt, une illusion statistique ? Comme souvent, Deleuze se réfère, comme Bergson, à la mécanique statistique et à la théorie cinétique des gaz de Boltzmann.