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Publié par Anthony

Aujourd’hui où se pose la question de savoir si l’on doit créer un marché des organismes génétiquement modifiés (comme on peut le lire dans les magazines), on peut comprendre que ce qui n’est pas moralement admis dans l’économie est de l’ordre du trafic. Le trafic de drogues (illégales), de métaux plus ou précieux, d’organes ou d’enfants, sont l’envers « interdit » du marché où le commerce se fait entre « amis ». Pourtant récemment sont apparus, via les nouveaux médias des « marché bifaces », ils ne sont plus basés sur la Rareté comme le veut la théorie économique néoclassique de Walras, dont s’inpire l’actuelle économie industrielle. Non les « marché bifaces », comme les journaux gratuits, google ou la création de pdf, qui offrent de l’information sont gratuits pour les consommateurs mais payant pour les annonceurs (les entreprises qui se servent de ces médias pour faire leur publicité). Ceci marquerait l’advenue de la toisième forme de capitalisme née de la révolution informatique et qui succèderait aux deux âges du capitalismes issus, eux, des révolutions thermodynamique  et électrique. Cela pose surtout la question de savoir si l’on peut trafiquer de l’information quand celle-ci devient gratuite ? Quelle valeur requiert le trafic pour se développer, l’opprobre morale ?.

 

Mais c’est surtout avec l’advenue de « marchés bifaces », l’économie industrielle à la française reste une continuation de l’économie néoclassique dont par exemple Jean Tirole (médaillé d’argent 2002 et médaillé d’or 2007 au CNRS) se réclame et défend en quelque sorte la concurrence capitaliste. Toutefois il y a à travers l’apparition d’une économie de réseau, dont les « marchés bifaces » sont la variante actuelle, une remise en cause des principes néoclassiques que sont l’hypothèse de la concurrence parfaite (aucun agent n’intervient sur les prix, il n’y a pas de dumping, lobbying, trading) et l’hypothèse de l’information parfaite (toute information dans l’idéale serait accessible, ce que remet en cause l’idée de sécrétion et de cryptographie). C’est donc à travers cela une mise à bas de l’idéal de l’homo oeconomicus (auquel s’en prenait Foucault mais que défend encore l’historien néo-libéral Jacques Marseille) comme seul modèle possible, il n'y aurait que des hommes pris dans la hiérarchie (des hétéronomes). Il n’y a plus de situation optimale pour l’économie puisqu’avec les marchés bifaces se pose la question de savoir ce qui est échangé ? A-t-on affaire à du temps de cerveau disponible pour coca-cola ou de l’information attristante émise par un pouvoir qui par là même se renforce ? quelle pertinence accorder désormais l’information ? l’information (et son traitement communicationnel) est-elle la panacée qui nie toute vérité (avec la mise sous silence de ce qui au fond a de l’importance) ?

 

Pour contacter Jean Tirole

Jean Tirole (CNRS/ pôle Toulouse Sciences Economiques)

Tél 05 61 12 86 42

tirole@cict.fr
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