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Publié par Anthony Le Cazals

Pour entraver le romantisme pessimiste de ses débuts, marqué par sa jubilation pour la musique dans Naissance de la Tragédie (1870-1872), Nietzsche développe dès les écrits non publiés de 1872 tout un goût scientifique vigoureux mais divergent : c’est toute une nouvelle perspective sur la science du point de vue de l’art. Les distinctions entre dionysiaque, socratique et apollinien, sont sans doute en philosophie la première trace de la distinction entre autonomie, homonomie et hétéronomie, mais elle aurait pu prendre la forme d’une distinction entre humour, ironie et sérieux. Arrêtons-nous sur le type tragique ou dionysiaque. Pour comprendre ce type, Nietzsche parle en fait de Zarathoustra, il faut d’abord avoir une idée claire de sa condition physiologique d’existence : à savoir ce que j’appelle la grande santé. Je ne saurais mieux expliquer cette notion, l’expliquer le plus personnellement que je ne l’ai déjà fait  NzEH°IIIf,2 dans le Gai savoir. C’est une santé que l’on ne se contente pas d’avoir, mais que l’on conquiert encore et que l’on doit conquérir continuellement, parce qu’on l’abandonne et doit l’abandonner sans cesse NzGS°382.

La grande santé va de pair chez Nietzsche avec la longue maladie, ce sont les deux qui constituent le syndrome de Nietzsche dont l’évolution en trois étapes semble indépendante de l’aphasie finale due à un choc sur le pavé turinois. Comme le dit Nietzsche lui-même à vouloir éradiquer la maladie, c’est le génie que l’on fera disparaître. Jacques Rogé et une de ses étudiantes donnent une tout autre approche de ce que l’on pensait être jusque là l’évolution irrémédiable d’une syphilis RogSN. Le syndrome de Nietzsche tenait donc de l’évolution parallèle de la grande santé qui lui permettait d’effectuer des marches harassantes de 6 à 8 heures et d’un destin le menant tout droit vers une maladie maniaco-dépressive.
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