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Publié par Anthony

Pour Aristote la vérité est "adéquation" :
- au sein d'une proposition : "le vrai, c’est l’affirmation de la composition réelle du sujet et de l’attribut, et la négation de leur séparation réelle" (Métaphysique, E, 4, 1027b, l. 20, trad. Tricot). C'est la vérité soumise à la grammaire, la véridicité d'une proposition.
- entre une proposition et ce à quoi elle se réfère : "les propositionssont vraies en tant qu’elles se conforment aux choses-mêmes" (De l’interprétation, 9, 19a, l. 33). C'est la question de la référence ou de l'indication.
La vérité serait alors l’obéissance à la réalité, ou encore la prise en compte de ce qui est par ce qui est dit, respectant de cette façon une des principales finalités du langage soumis à la grammaire.

Il suffit donc pour avoir raison de mutiler les processus en "choses" et de nier les évènements en en restant aux "faits", au constat qu'il ne s'est rien passé, pour que les choses et les faits soient conformes aux propositions issues de la pensée homonome qui interprête ce qu'elle appelle le "monde".

Il y a pour Aristote une troisième forme qui traduise la volonté de vérité. Elle ouvrira une large porte au sensualisme (par exemple chez les épicuriens) tout en marquant la divergence entre Platon et Aristote : " la perception des sensibles propres est toujours vraie " (De l’âme, III, 3, 427b 12, trad. Bodéüs).


Voir aussi l'article sur les 4 vérités ou la certitude chez Descartes
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