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Publié par Paris8philo

Aussi géniale que soit la supercherie freudienne voici le pastiche d'un texte de Richard Feynman relevé par Jean-Philippe Ravoux dont nous avons mis quelques extraits de son dernier livre dans le post suvant pour répondre aux questions d'Oyseaulx sur le rapport de Freud à Schopenhauer : un préam­bule à la proposition de chemins qui peuvent conduire à la compréhension de la réalité affective ou énergétique (on dirait psychique par habitude, par le langage que l'on nous a inscrit dans la tête ou devrait-on dire l' "esprit") et, par voie de conséquence, à l'élaboration d'une pratique thérapeu­tique. Si quelqu'un a le livre sous la main il pourra vérifier.

 

« L'autre jour, je lisais, avec mon fils, qui fait des études de psychologie, un passage de Freud. Le raisonne­ment était absolument enfantin, mais c'était enrobé dans un tel méli-mélo de refoulement, de topique, de transfert, de stades de développement de la sexualité et autres bali­vernes, qu'au bout d'un moment nous avons éclaté de rire. Là vous devez trouver que j'exagère. Quand même, rire d'un penseur de la taille de Freud ! Mais c'est que Freud n'a aucune excuse. À la même époque, il y avait Ebbinghaus proposant les premiers travaux sur la mémoire, Pierre Janet qui inaugurait la psychologie expé­rimentale et étudiait l'évolution de la mémoire, Von Hart­mann et sa philosophie de l'inconscient, William James et Henri Bergson qui réfléchissaient sur les niveaux de conscience, il y avait des tas de gens qui, grâce à leurs méthodes d'analyse et à l'étude des pathologies, faisaient avancer les sciences neurologiques. Prenez n'importe laquelle des propositions de Freud ; transformez-la en la proposition contraire et regardez autour de vous ;je vous défie de pouvoir dire laquelle est juste. Les gens se sont laissés impressionner parce que Freud avait eu le courage d'aborder les questions importantes; mais à quoi sert-il d'avoir le courage si ça ne débouche sur rien ? Ce n'est pas tant la psychanalyse que la cuistrerie qui m'insupporte ! Si seulement les psychanalystes pouvaient ne pas se prendre tellement au sérieux et se persuader qu'ils détien­nent la Vérité sur la face cachée de la conscience; si seu­lement ils pouvaient dire: « voilà ce que je pense, mais untel pensait autrement et c'était pas mal envoyé non plus ». Mais non ! Ils profitent du fait que, peut-être, il n'y a pas de mémoire inconsciente pour nous exhorter à en rester là; et les voilà qui pontifient: votre pensée ne va pas assez au fond des choses, laissez-moi vous donner une défi­nition préalable de l'Inconscient, vous dessiner une topique et son économie libidinale. Eh bien, non! Je suis bien décidé à explorer la conscience, ses dessous et son support cérébral sans en avoir une définition préalable ! »
Richard Feynman, La Nature de la physique, p. 285.
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oyseaulx, avec les contributions de la sourys papivore 20/08/2007 17:06

« Il revient au philosophe de fixer, dans l’abstrait, les lois de la connaissance, les conditions de la vérité, les règles du raisonnement »

C'est, là, une conception que nous combattons résolument, en raison de son caractère formaliste. Sur ce point, nous aimerions être hegeliens : la « philosophie » ne porte pas sur les conditions de possibilité de ce qui se dit, s'écrit ou se fait, mais ne présente d'intérêt que grâce au rapport qu'elle entretient avec un objet, rapport différent de celui de la pratique scientifique, mais rapport tout de même. Sinon, on tombe dans une discipline séparée du « réel » ; c'est, probablement, le cas de la philosophie analytique.

Anthony 26/08/2007 13:43

:)

Barrière 20/08/2007 16:01

Je suis étonnée de voir autant de débats de philosophie  sur un réel travail scientifique mené par Freud avec ses erreurs mais aussi ses découvertes majeures : c'est une manière de dégrader la recherchze d'une part et la philosophie qui a d'autres enjeux à mon sens il revient au philosophe de fixer dans l’abstrait les lois de la connaissance, les conditions de la vérité, les règles du raisonnement, Alors où surprendre l’exercice de l’intelligence ? Ou saisir sur le vif le jugement de vérité ? Il n’y a pas de coupure dans le domaine de la vérité, qui relève du même scrupule de dépouillement intellectuel et de défiance à l’égard du sens commun, le devoir du philosophe est de transporter dans tous les domaines le parti pris héroïque de ne s’en remettre qu’au jugement de l’intelligence, mais de s’y remettre tout entier, alors la vérité se fera connaître toute entière. Cela pose le problème éthique, se déprendre et surmonter est une loi de l’éthique, qui tient en un mot : dépassement. Or ce dépassement intérieur, par quoi sont déracinés en nous l’égoïsme et la partialité, Il n’y a pas là de révélation, mais l’éveil de l’intelligence qui depuis Socrate, en passant par Descartes ou Spinoza fait prendre conscience de la relativité .Il me semble  que c'est à cette tâche qu'il faudrait tendre dans un travail de recherche réel en philosophie  plutôt que dans des contreverses stériles ou des sophismes éculés.

Paris8philo 26/08/2007 13:49

Chère Nicole Barrière nicole.barriere@libertysurf.frVous ignorez le pouvoir de contrition, de rabattement, d'acceptation de sa propre névrose que constitue la psychanalyse. La philosophie n'est pas proprement thérapeutique dans la manière dont elle a été fondé mais elle invite à un effort qui lui ne reclame pas d'argent et de posture bourgoise commme le requiert la psychanalyse dès sa création. Il est plus sain d'oublier ses rêves (fonctionnement normal du corps) que deles interprêtrer comme l'a fait Freud dès son enfance.

oyseaulx, avec les contributions de la sourys papivore 13/08/2007 17:08

Que l'inconscient freudien soit « psychique » ne soulève pas de difficulté, si ce n'est, toutefois, que personne ne sait ce que veut dire « psychique », terme que Freud ne semble pas employer autrement que pour désigner un dedans sans dehors au sein duquel ce dernier ne pénètre que sur le mode de la représentation. Au fond, on n'est pas si éloigné de Fichte et de sa conscience conçue comme pure intériorité, sauf que le Moi n'est pas maître dans sa maison.En revanche, la proposition : « Pour un inconscient, il faut une conscience. Pour une conscience, il faut quelque chose » n'est pas recevable, car la première occurrence de « conscience » prend ce mot au sens de Freud, où il désigne l'une des instances de l'appareil psychique, encore que Freud ne se soit que très rarement exprimé sur cette instance, sauf dans le Complément métapsychologique à la théorie du rêve (dans la Traumdeutung, la conscience est simplement définie comme un organe de perception), tandis que la seconde occurrence du mot prend celui-ci au sens philosophique (au sens universitaire), plus exactement husserlien, de subjectivité ou d'un acte de perception (au sens phénoménologique) accompli par cette dernière. Il nous semble, au contraire, que chez Freud, la conscience n'est nullement une subjectivité, même pas et surtout pas au sens que la psychanalyse ultérieure donne à ce mot, et encore moins au sens phénoménologique, mais désigne une sorte particulière de traces mnésiques que singularise leur caractère fugitif d'inscriptions transitoires, devenues susceptibles, grâce à cette circonstance particulière, d'être accompagnées de perception, c'est-à-dire, si l'on veut, de « conscience », au sens d'une qualité (d'origine énergétique, c'est-à-dire consistant en un investissement) qui accompagne ce type de représentations, mais n'explique nullement leur nature, ni leur origine. Il est tout-à-fait condamnable de mélanger les références freudienne et husserlienne, car on parvient, ainsi, à un confusionnisme qui autorise bien des approximations théoriques et bien des manipulations de « conscience » ; qu'on songe aux compromissions de Lacan avec la phénoménologie... On imagine facilement tout le bénéfice que les idéologies réactionnaires de « l'Homme », du sujet et de la conscience peuvent retirer de ce genre de rapprochements, au point de faire, de la psychanalyse, une technique de manipulation au service de l'ordre dominant, situation qui est loin d'être circonscrite aux seuls Etas-Unis.

Anthony 13/08/2007 09:18

Non puisqu'il n'y a pas d'inconscient, la preuve dans le résumé du livre de Jean-Philippe Ravoux (De Schopenhauer à Freud la question de l'inconscient.La même chose pour le psychosme, l'esprit, car au fond à travers l'esprit c'est toujours du corps de dot il a été question, de la manière dont on l'éduquait :) . La chose pouvant se dire plus platement s'il n'y a pas de matière, c'est-à-dire si on en reste pas à la "vision rabougrie des chose", aux ilusions d'un constat froid qui s'attarde sur ce qui est inerte et le restera.IL N'Y A PAS DE PSYCHISME :). OU ALORS IL FAUT CONTINUER A TOUT DECOUPER EN FONCTION. PSYCHISME EST UN AUTRE MOT POUR ENERGIE EDUQUEE. SI ON NE T'AVAIS PAS MIS CETTE VIELLE "VERITE" EN TETE. TOUT EST AFFAIRE DES RECIPROCITES QUE L'ON SE DONNE malheureusement ET DES LIBERTES QUE L'ON PREND joyeusement. "VERITE" est entre guillemet car cela date du temps où l'on croyait à l'esprit, c'est-à-dire qu'il y aient des vertus suprêmes comme le Vrai, le Bien, le Beau en soi.

Lbsphsph 12/08/2007 20:45

L'inconscient freudien est psychique. La conscience contemporaine est réductionniste. Qu'y a-t-il hors du psychisme ? Tout et Rien.Pour un inconscient, il faut une conscience. Pour une conscience; il faut quelque chose . Est-on condamné à une alternative stupide ?

oyseaulx, avec les contributions de la sourys papivore 12/08/2007 16:46

Opposer à ce que je veux bien, à la rigueur, considérer comme des délires freudiens ceux d'Eduard von Hartmann, si ce n'est pas, là, du délire... En tout cas, cela laisse penser que l'auteur ne l'a jamais lu, vraiment.

Il est, d'ailleurs, à nos yeux, profondément réactionnaire de critiquer l'inconscient freudien au nom d'une conception renouvelée et modernisée de la notion de conscience, qui est la plus grande imposture de la philosophie moderne, et, s'il se peut, encore plus détestable que la notion freudienne d'inconscient, même s'il est dérisoire d'établir une hiérarchie des gadgets petis-bourgeois.