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Publié par Anthony

Continuons en nous écartant un temps de Spinoza.

La liberation vis-à-vis de l'esprit est libération vis-à-vis de l'ancienne image de la pensée, vis-à-vis du spirituel, vis-à-vis de l'image d'un esprit gouvernant le corps, d'une élite gouvernant la masse, c'est tout la critique que Spinoza fait de Descartes et de l'empire dans l'empire, de l'empire de l'esprit sur le corps (préface du livre II et scolie de la proposition II,2). Elle ne concerne que «quelques uns» dans un premier temps les déviants (L'exemple type étant Artaud et son Pour en finir avec le jugement de Dieu). Mais c'est quelques uns peut induire un basculement.

Il y a quelque chose de vulgaire dans le discernement comme le dit Nietzsche, donc cela s'applique à la distinction corps et esprit. Nietzsche précise ce cas :»Nous ne sommes pas libres, nous philosophes de séparer l'âme du corps, comme le peuple les sépare, nous sommes encore moins libres de séparer l'âme de l'esprit» NzGS°0,3. La libération vis-à-vis de l'esprit est avant tout la libération vis-à-vis l'abstraction qui a gouverné et déterminé nos corps, et qui permet de devenir un esprit libre. Donc il faut préciser quel est ce premier esprit, plus haut j'ai parlé d'esprit de surplomb, d'esprit qui a opté et conforté la gouvernance (les oeuvres de Platon et Aristote), bref de l'esprit abstrait (ou hétéronome) qui a servi de caution à la hiérarchie (ou hétéronomie : économie religieuse du sens qui fait que l'on doit choisir pour un sens ou un autre dans un situation de rareté ou de pénurie induite par un pouvoir ou l'urgence d'un situation). La libération dont je parle est de l'ordre d'une déviance, une déviance dans la lecture de l'éthique de Spinoza par exemple, c'est autre exemple la déviance de Nietzsche qui pensait à des philosophes qui s'occuperaient plus de santé des corps que de vérité de l'esprit (homonome). Les vérités d'une époque au fond, sont des erreurs irréfutables que l'on nous martèle dans le crâne, qui se sont inscrites dans les corps (incorporation des vérités), mais qui reposent essentiellement sur la dialectique entre ce qui est inférieur et ce qui supérieur. Aujourd'hui on aperçoit du latéral irréductible, des à-côté de la hiérarchie, on peut parler d'autonomies, d'anomalies puissantes et non larvées. Cette déviance peut devenir tendance si elle est reprise par de fervents schizophrènes (personnes qui ne surdéterminent pas la distinction corps/langage mais cherche à exprimer ce qui a longtemps été tû par l'esprit dominant). Mais cette tendance ne sera sans doute jamais majoritaire auquel cas on reproduirait l'ancienne hiérarchie, et c'est pourquoi aussi Nietzsche parlait d'inventer de nouvelles formes d'esclavage (cyniquement on peut dire que la société de consommation en est une ou que la mondialisation en recrée un autre à l'échelle mondiale : les escaves se trouvant en Chine) mais moins cyniquement on peut penser à une libération vis-à-vis de la hiérarchie et son esprit et donc à une libération mutuelle des corps qui reçoivent moins d'affection tristes et ont donc une capacité ou puissance d'agir plus grande. En cela nous rejoignons la phrase de Spinoza dans sa correspondance : « Nous sommes reconnaissants les uns envers les autres d'être libres ». Comme si se mettait en place un agencement collectif de corps singuliers plus que d'esprits communs.



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Sur l'hétéronomie ou l'homonomie http://www.paris-philo.com/article-3749794.html

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éric 01/04/2009 15:57

Il n'est nullement question de séparer le corps de l'esprit, ou l'âme, suivant les croyances, l'esprit donc en tant que matiére pensante ou raisonnante ou mouvante.L'étude du cerveau, montre que ses tissus spécifiques, stockent des données, des informations, de l'acquis. Pour cela il utilise les stimulus envoyés par les cinq sens du corps, il traite les informations et ainsi chaque esprit ( nommé cela comme vous voudrez, suivant les concepts philosophiques), (esprit étant entendu comme cerveau pensant). Certaines personnes ajoutant un sixiéme sens encore plus important, qui serait la sensibilité ou l'hypersensibilité. Enfin peut importe.Si on étudie le principe de fonctionnement de l'oeil, celui ci capte la lumiére que le soleil réfléchit, sur les objets et les choses, le cerveau lui interprête ces données et forme l'image de ce que nous nommons la réalité au niveau du cerveau. Autrement dit tout n'est interprétation de notre propre esprit, (qualifiant ainsi notre interprétation singuliére de ce qui est), autrement dit forgeant notre propre monde intérieur, notre conception personnelle de la réalité.La libre pensée, c'est assumer sa propre vision du monde, et vivre sa capacité à faire raisonner dans son corps et son cerveau le principe de l'évolution, la pulsion de vie, la magie du vivant, le pouvoir de création de pensée, comme le propose l'art, les artistes sont des libres penseurs à leur niveau, car ils proposent au monde, leur réalité propre, leur monde intérieur, leur vision du monde, leur singularité, c'est en cela qu'ils trouvent à s'élever, malgré les contingences du corps, mais grace aussi au possibilités des corps, de la matiére, penser peut être aussi, transformation de matiére en matiére pensante..........Toute les derniéres technologies et inventions humaines, sont nées du cerveau humain, la science est fiction dans un premier temps, nait de la science fiction, du rêve, pour devenir réalité et devenir science, dans le concret.Dommage, car toute spécialisation dans un domaine, entraine concepts se référant aux illustres penseurs, comme le dogme est à l'église, chaque penseur est déterminé par son époque, et surtout limité par le principe de l'évolution, qui lui avance en permanence, tout penseur portait en son propre corps les génes de son époque, mais depuis ces génes ont mutés de vies en vies de corps en corps, pour arriver à nos jours, c'est le principe de l'évolution, qui porte l'humanité vers de plus en plus d'indépendance et de prise de responsabilité par rapport à mére nature, par rapport à son propre corps, par rapport au secret du vivant, le libre penseur, peut être donc celui qui deviendra adulte et responsable de ses actes et à travers l'inconscient collectif de la terre.La critique et l'engagement, des capacités bien limitées, si on décide d'être acteur de sa propre vie, ou mieux si on décide de créer et de faire de sa propre vie, sa modeste oeuvre d'art, là peut être la capacité de la libre pensée. En cela la philosophie peut avoir sa place, car à l'origine de son nom pour son amour pour la sagesse.........encore faut il considérer que le fait de penser peut être une action pure (agir sur les cerveaux ou sur les corps comme le font les chirurgiens).

Anthony 05/04/2009 19:21


1°) Drôle de définition de l'esprit que d'en faire une matière pensante : il n'y a en fait ni esprit ni matière, ce sont de vastes fumisteries : tout au plus on peut parler de raison audacieuse,
car telle est la définition qu'en donnait les défenseurs. Et cela change du tout au tout. Parler de matière pensante, c'est être doublement idéaliste, car ce sont toujours les idéalistes qui posent
la matière (il méprise ce qui agit, or la matière est ce qui agit et est agi et par là obéirait à des lois de causalité).

2°) Le "monde intérieur", la riche imagination, la contingence radicale ne compte que s'il y a un travail de création et un combat à travers la réalité. Le reste n'a aucune valeur et demeure un
atermoiement quant à l'action, car c'est elle qui dérange le système (qui ne connaît que des opérations et au final rejette la contingence de la pensée). C'est pourquoi il ne faut pas dire malgré
les "contingences du corps",  puisque sous l'esprit en tant qu'outil de domestication cette fois (propre à l'Eglise et diffuser par les Jésuites), c'est le corps que l'on a étouffé, l'envie,
l'entrain.

3°) Pour poursuivre tout en rebondissant sur ce que vous dites, la trinité (et donc en premier lieu l'esprit) est le dogme de l'église.

4°) La critique et l'engagement ne sont limités qu'à vos yeux, sachez que c'est quand une nouvelle culture qui naît que toutes les aspirations de mise en esclavage sont rejeter comme cancéreuses ou
fasciste (ce qui arrivent avec l'oligarchie financière qui faire courir prétendument si on l'écoutait la Terre à son épuisement).


éric 31/03/2009 18:08

Toute la problématique de la pensée, repose peut être alors, dans l'étude même de la philosophie, ou dans le principe de l'école aussi. Toute pensée d'autrui peut ainsi nous conditionner, nous éloigner de notre propre identité.A vrai dire, tout le principe d'évolution du vivant, donc de la matiére et de la pensée aussi, repose sur l'expérimentation et sur l'acquis, nous avons besoin de la richesse des avancées de l'humanité, des penseurs, des sciences, des philosophies des lumiéres, car toute cette évolution passe dans l'inconscient collectif, mais aussi est enregistré dans les corps, les génes, c'est la nature qui assure ainsi le principe de l'évolution.La liberté individuelle, justement ne se construit ni pour ni contre des concepts ou des institution, le libre penseur est celui qui parvient a faire, comme le cuisinier, sa bonne cuisine interne, autrement dit harmoniser son acquis et l acquis de l'humanité pour le mettre en osmose avec son corps et sa propre vision du monde, ou sa propre réalité, qui n'est qu'une interprétation de son propre esprit.Si la philosophie a un sens, c'est bien celui là, c'est de rendre compatible et créateur, son corps et son esprit, avec le monde extérieur, autrui, la pensée, fruit de la matiére, plus forte que la matiére, mais aussi au service supérieur de la matiére, qui est notre mére nature.......

Anthony 01/04/2009 12:33


Les libre penseur croient etre des libres esprits, mais tout tentation à l'esprit témoigne d'un corps défaillant plus que d'une "raison audacieuse". Si vous parlez de corps et d'esprit et même
d'individus (puisque que c'est ce qui indivise les deux) c'est qu'à la bae ils ne sont pas compatible. Mais je ne vois pas comment on peut dissocier l'esprit du corps, les discerner puisque là où
il n'y a pas de corps, il n'y a pas ce que vous nommez "esprit" (qui peut être ingénium, mens ou spiritus). Mais "l'esprit" est avant tout un outil de domination inventer par l'église pour dompter
les corps, avant d'être libéré (sous la forme de l'ingénium ou raison audacieuse) par Voltaire ou par Goethe. Ces penseursi ne sont en rien des libre penseur, puisque c'est toujours notre capacité
d'action, notre intensité qui nous détermine dans notre manière de penser. Il n'y a que la critique qui puisse est libre ou donner ce semblant de liberté. C'est le travail sur la situation pour
Sartre, l'engagement qui procure la "liberté".
Vous demeurez malheureusement dans un idéalisme de l'esprit qui pose son réciproque à savoir ce qui agi et est agi : la matière. Mais il n'y a pas là de libre pensée.