Archives

Publié par Anthony

« La Pensée ne saurait être dite Esprit », pour réembrayer sur le commentaire d'oyseaulx.
Encore une fois ce que nous faisons là c'est une relecture de l'éthique du point de vue du corps, du point de vue du corps pour le libérer du spirituel, pour le libérer de cette configuration du monde selon le seul axe hiérarchique supérieur/inférieur, pour désentraver le corps de la pensée abstraite qui constitue l'esprit de surplomb. Le dit « esprit » des philosophes, des religieux, des moralistes a manipulé le logos dominant et la pensée abstraite qui constituent l'esprit de surplomb. Ces philosophes ont soutenus les hommes supérieurs au travers du Dieu métaphysique, de l'Esprit, mais tout ce jeu n'était que le symptôme du spirituel, du pouvoir sacré (= la hiér-archie) qui a éduqué lentement les corps, leur a fait incorporés des vérités éternelles : « On est en droit de considérer toutes les folies de la métaphysique [pensée abstraite ou homonome] d'abord et toujours comme symptômes de corps déterminés [hiérarchisés ou hétéronomes] » NzGS, 2e préface, §2. Ces corps déterminés par la conscience, c'est-à-dire ce qui a servi de moyen de transmission NzVP°II,253+ et de comunication NzGS°354 entre les individus fait « de corps et d'esprit», sains « de corps et d'esprit ». Mais Nietzsche le dit bien « Nous en sommes à la phase où le conscient devient modeste » NzVP°II,261, Freud n'était pas encore passé par là et l'invention de l'inconscient. Cette question surgit chez Nietzsche « Peut-être s'agit-il du corps dans tout le développement de l'esprit » ibid..

Dire que « le corps pense », en effet n'est pas spinoziste mais nietzschéen (pour répondre à Oyseaulx). Encore que ce soit un raccourci. On pense avec le corps pour Nietzsche. Nietzsche donne l'exemple du grain de sable, du calcul dans le rein de Cromwell, la guerre contre l'irlande lui serait-elle venue à l'esprit sans cette douleur ? Nietzsche n'hésite ps à dire sur son propre chef, qu'il pense avec le nez, phrase qui pourrait paraître saugrenue ou incongrue, mais on peut penser que l'afflux sanguin qui dilate les vaisseaux capilaires en période de grande intensité, lui servaient à s'orienter vers les pensées les plus intempestives ou affirmatrices de vie et de travail. Pour Nietzsche l'essentiel de la pensée se fait, pour reprendre un expression de Spinoza sans « l'esprit conscient de son effort » (III, 9), bref de manière inconsciente. Nous l'avons vu plus haut. Le corps influe sur la manière dont l'esprit pense, influe sur les idées qui parviennent à l'esprit. Le corps à travers les intensités d'affects qui le traverse et l'anime a une aptitude déterminée pour penser : c'est au passage toute la thématique du corsp-sans-organe ou corps intensif chez Deleuze et Guattari. Notre conscience donne l'impression à notre esprit de pouvoir de les taire ou de les dire (III,2 sc.). Il n'en est rien il n'est ni au libre pouvoir de notre esprit de se souvenir ou d'oublier, de dire ou de taire ce dont on se souvient (ibid.). Ainsi on est à la limite de la violation de la distinction entre esprit et corps, mais dire que le corps influe sur la pensée (comme capacité et non comme simple attribut). Mais je rappelle que 1°) Pour Spinoza « l'esprit et le corps sont une seule et même chose» ou que « L'Esprit et le Corps c'est un seul et même individu » (II, 21 sc.), tout est un question de point de vue (les fameux attributs) et sans l'intellect (l'esprit quoiqu'il faille en préciser la définition) comment concevoir deux attributs (pensée et étendue) réellement distincts, c'est-à-dire l'un sans l'autre (I, 10 sc.). 2°) Aujourd'hui on hésite pas à dire que c'est le cerveau qui a capacité à penser (à moins d'être spiritualiste), il semble bien que ce soit le cerveau avec tout le corps (qui influence la production d'hormones du cerveau primitif ou reptilien donc les intensités du cerveau avec lequel on raisonne abstraitement passage obligé ) qui pense, donc ainsi on rejoins les spiritualiste qui dise que le mental est plus que le cérébrale. Dire le cerveau pense n'est pas faut mais incomplet. Le cerveau fait partie du corps.
Disant avec Nietzsche que le corps pense, il reste cette distinction entre le corps et l'esprit non conscient de son effort (qui ne serait pas tout l'Esprit) il y a peut-être un graduation, mais si pour Nietzsche ce n'est pas la conscience qui pense essentiellement se libérer de l'esprit est avant tout à comprendre comme se libérer de l'esprit abstrait qui longtemps à éduquer les corps à la recherche de la vérité (certitude) qui apporte la sérénité et la vertu. La vertu est une valeur communautaire, qui sert de ferment à une commnuauté.




Pour rebondir : lire Deleuze, Nietzsche et la philosophie, pp. 44-45. Nous sommes tombé par hasard dessus.

Une citation de Spinoza
:
Les somnambules, dans leur rêves, font un très grand nombre de choses qu'ils n'oseraient faire dans la veille ; ce qui montre que le corps lui-même, par les seules lois de la nature, peut bien des choses qui font l'admiration de son Esprit Ensuite personne ne sait de quelle façon, ou par quels moyens, l'Esprit meut le Corps, ni combien de degré de mouvement il peut attribuer au corps (III, 2 sc.)

article précédent/article suivant

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article