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Publié par Paris8philo

Vivre un événement en image, ce n'est pas se dégager de cet événement, s'en désintéresser, comme le voudrait la version esthétique de l'image et de l'idéal serein de l'art classique, mais ce n'est pas nonplus s'y engager par une décision libre: c'est s'y laisser prendre, passer de la région du réel, où nous nouss tenons à distance ds choses pour mieux en disposer, à cette autre région où la distance nous tient, cette distance qui est alors profondeur non vivante, indisponible, lointain innappréciable devenu comme la puissance souveraine et dernière des choses. Ce mouvement implique des degrés infinis.

Vivre un événement en image, ce n'est pas avoir de cet évènement une image, ni non plus lui donner la gratuité de l'imaginaire. L'évènement, dans ce cas a lieu vraiment, et cependant a-t-il lieu « vraiment » ? Ce qui arrive nous saisit, comme nous saisit l'image, c'est-à-dire nous dessaisit, de lui et de nous, nous tient dehors, fait de ce dehors une présence où « Je » ne « se » reconnaît pas. « Mouvement qui implique des degrés infinis ».

Maurice Blanchot l'espace littéraire, folio essais, pp. 352-253

 


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