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Publié par La Philosophie

Alain Badiou fixe un nombre conséquent de lois ou détourne les normes de Canguilhem, tout au long de son oeuvre et s'amuse à jouer avec les limite de ces lois tout en parlant de la force de l'émotion que suscita par ailleurs le saisissement de la vérité

de prime abord je me basais sur son livre Conditions pour voir que sous plein de détails sa pensée mène à ce qu'il appelle le désastre. Plus quelques impostures (le fait qu'il théorisé de modifier les énoncés d'une des "4 conditions de la philosophie". En fait c'est tout du moins une philosophie désastreuse et tout au plus une sophistique. Je vais paraphraser le livre Entretiens 1. Son ontologie n'est pas une science mais une pensée p 78, une pensée réfléchie comme mathème p 79. Or le mathème est tout droit issu de Lacan bref de la sophistiqué. Sauf si le terme existe en l'état chez Platon mais vous saurez me le dire.
Ensuite p 87 de Entretien 1 on comprend que cette réflexion que Badiou autolégitime en "philosophie"  d'où les deux manifestes  ("un manifeste est tout sauf ce sont il se dit manifeste" Badiou) est plus restreinte que la pensée, car les conditions de sa "philosophie" sont des pensées comme le mathème qui n'est pas la science, le poème qui n'est pas l'art, la politique qui n'est le politique, ... resterait l'amour. Mais il admet même que la sophistique est une des conditions de sa réflexion (le terme et des dérivés resurgissent à plein d'endroits) : "on peut soutenir ... qu'aujourd'hui on pourrait y inclure la psychanalyse" p 93 mais en cinquième puisque cela ne relève de l'amour...
L'amour est vu comme expérience immédiate. ... p.88. 4 des 5 conditions de sa réflexion sophistique sont des pensées (précision - il utilisera par la suite au travers d'un biais de confirmation la poésie de Pessoa pour dire que l'amour est une pensée). Mais la philosophie n'est qu'un mixte (pince) de fiction de savoir et de fiction d'art qui ne produit pas de vérité. Pourtant une expression de Badiou ressurgit"la vérité est que..." mais il continue à dire qu'il n'y a pas énoncé philosophique véridique  (p. 91, "on est fort embarrassé") et qu'il faut dissocier le régime de savoir ("philosophie", sophistique ou réflexion, je vous laisse choisir) de ses 5 conditions comme régime de vérité (or deux sont issues de la sophistique). Enfin Badiou voit des antiphilosophe partout  (Wittgenstein, Kierjegaard, Nietzsche dont il dénonce les paraboles alors qu'il dit par ailleurs que depuis Platon la philosophie procède aussi par parabole). La philosophie n'est qu'un savoir (un double fiction) qui collecte les vérités "subjectives" (forcées sur le vide, il y a cette ambiguïté depuis l-Être et l'événement), "en un lieu de ces vérités" p 91. Il reproche à l'antiphilosophie de dire qu'il n'y a des connaissances mais c'est bien tout ce qu'il autorise à sa pensée sauf quand il manipule par désastre et par imposture (voir les definitions qu'il donne des deux) certaines de ses "conditions" comme par exemple un axiome de la théorie des ensembles, ce dont il se flatte.
On en arrive presque qu'au même résultats avec le recueil Conditions quand on comprend la "loi du noeud" ou de " l'historicité de la philosophie" et la "loi de mort" ou du nœud du désastre (dès lors qu'il y aura "substantialisation de la Vérité" c'est-à-dire "advenue en présence du vide même" p. 72. L'historicité de philosophie c'est quand un ensemble d'enseignant décide en convention (sic) qu'une institution sera philosophique avant qu'elle n'encourt le risque de devenir antiphilosophique (C'est tout ce qu'à produit Badiou à Paris où Antonia Foulée et Prado de réclame en réaction de l'antiphilosophie alors même que vous parleriez de "cas de philosophie", in Tempo, et qu'ils n'entrevoient pas qu'une fois Badiou pris à l'endroit, la philosophie ou sa réflexion (difficile de distinguer dans sa tête) ne sont que fiction selon lui. Il avait beau critiquer Deleuze, son critère devient en fait celui du temps, cela ressort à plusieurs endroit à propos de sa lente déduction, de son parcours à l'envers et en retraite "dans la disposition du temps" Entretiens p. 91, qui "pense [quelque chose] comme temps de la pensée" p. 92.
Le lieu des vérités est l'espace de compossibilité épocale où se situe-t-il pas rapport au vide de la Vérité car pour Badiou la philosophie (exercice de la pince de vérité) "se soutient sur du vide", est "fondee du vide" et la Vérité n'a rien à voir avec l'adéquation. Entretien 1 p. 91 et 93 et Conditions p. 70). Par rapport à ia loi du Même (je caricature) ou ce que vous nommez le fenre-philo par excellence (Parmenide) : "Le même est à la fois pensée et être", c'est le vide initial de l'historicité de la philosophie, son degré zéro en quelque sorte, qui permet le noeud borroméen de la posture en adresse (vide de celle-ci) du disciple (fini) et du commentaire (comme infinie transcription). Le code de l'adresse c'est en quelque sorte ce que vous appelé la perte soit qui n'est pas mis en parole ou de la parole qui n'est pas transcrit par le disciple. Ainsi on a au moins trois vides chez Badiou (de la Vérité, de l'Être et de l'adresse) et une posture de maîtrise autolégitimée.
Au passage "c'est au demeurant cet en-deçà de la voix et de l'écrit que nous nommons depuis toujours la pensée" Conditions p. 86, là où Heidegger cherche à dissocier réflexion et pensée.

Conclusion : la réflexion de Badiou projette en son miroir de l'antiphilosophe partout dont la philosophie serait le bris (Conditions p.81). Ce miroir de réflexion se retrouve à de multiples endroits.

"Il est dogmatique et ruineux de confondre la pluralité hétérogène des vérités avec le Nom forcément sacré que la philosophie donne à la Vérité " (Conditions p.74). Aibsi il y a cet énoncé étrange "la Vérité est l'unité vide de la pensée"(Condition vers la p. 81), je comprends de la "réflexion", on retrouve là encore cette duplicité de couples Singulier/pluriel : le point aveugle du systême de Badiou est cette Pensée (sophistique) où le forçage devient un mixte de force et de convention puisqu'il faut forcer du vide (ce dernier n'étant qu'une convention, un "il y a" (insistance) qui serait le propre de l'antiphilosphie (évidence) ne pouvant dire : il existe (existence), sauf à dire avec Descartes, p. 182 Immanence des vérités : "Dieu existe", mais le "Dieu métaphysique"dans cette. "métaphysique sans métaphysique").
Eb fait je laisse conclure le lecteur pour savoir si la pensée de Badiou est celle d'un sophiste dogmatique, celle de ce qu'il aime appeler avec Lacan un antiphilosophe (une manière de congédier l'adversaire), une réflexion sous conditions de 4 pensées ou une philosophie sortie de l'historicité didactique. Par contre, j'attire votre méfiance sur l'usage du terme forçage (à vérifier si ce n'est pas Badiou qui produit cette opération).

Restent deux choses
Demeure l'ambiguïté Sujet/sujets qui du même ordre que Nombre/nombres, Verité/vérités, Pensée/pensées (3 des quatre condtions)
Cette ambiguïté à été reprise par le réalisme spéculatif de Meillassoux et de là par le "cognitivisme" epistémologique de Bitbol qui fait la distinction entre métasujet de cognition (doté d'intentions)) qui ne s'aperçoit pas et sujet objectivé/naturalisé/relativisé

Et il y a tout cet attirail de mois qui peuplent son discours et qui transgresse par dogmatisme tout en parlant du saisissement de la vérité

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