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Publié par Anthony Le Cazals

Voici les sujets et problématiques à valider pour le second semestre du séminaire de Stéphane Douailler. Au choix :

Sujet 1 : Lecture et discussion, en relation avec l’expérience du contexte présent, d’un extrait (déjà transmis à chacun) du livre de Jordi Carmona Hurtado paru aux éditions L’Harmattan « Hannah Arendt. La patience de l’action » et présenté dans le Séminaire des « Dialogues Philosophiques de l’Amérique Latine » le 5 janvier de cette année. Ce travail, demandé pour le 1er juin, peut-être remis pour le 14 juin.

Sujet 2 : (en relation plus particulière avec le cours « Kant, la folie, l’universel »).

Explicitez et indiquez les pistes de réflexion que vous suggère le débat introduit en philosophie contemporaine à partir de l’idée de dénégation en vous référant au texte de Freud portant ce titre (à trouver sur http://espace-freud), et, si vous le souhaitez, plus particulièrement au livre de J. Hyppolite Figures de la pensée philosophique (1970) ou aux Écrits de J. Lacan (appendice 1, 1966), au commentaire de P. Macherey (http://stl.recherche.univ-lille3) et à celui de M. David-Ménard dans La folie dans la raison pure. Kant lecteur de Swedenborg (p.12 et suivantes).

Sujet 3 : (en relation plus particulière avec le cours « Kant, la folie, l’universel »).

Développez la célèbre formule kantienne de la Critique de la raison pure : « Des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concepts, aveugles ». Quelles réflexions appellent complémentairement de votre part la question d’une table des catégories du rien et la récapitulation qu’en propose pour la philosophie kantienne le texte suivant extrait de La folie dans la raison pure. Kant lecteur de Swedenborg de M. David-Ménard : « La représentation d’un objet peut s’annihiler de diverses façons, dès lors que, pour la constitution d’un objet, sont requises plusieurs conditions transcendantales : ou bien le concept même est contradictoire et ne correspond à aucune intuition – c’est ce que Kant nomme une « non-chose » (Unding) et c’est ainsi qu’il redéfinit le nihil negativum en l’illustrant géométriquement -, ou bien le concept n’est pas contradictoire, mais il ne s’articule à aucune intuition. Il s’agit alors d’un ens rationis ou, plutôt, dans la traduction suggestive de Kant (qui fait bien apparaître sa différence avec la non-chose) d’une « chose-de-pensée » (Gedankending). La chose-de-pensée n’est pas impossible pour raison de contradiction, mais elle ne peut pas être comptée parmi les possibles, car aucun intuition ne remplit le concept. Il y a deux variétés de « concepts sans objet », qu’on rencontre l’une chez Leibniz, avec le noumène, soit l’être intelligible, l’autre chez Swedenborg, avec les esprits : substances hypothétiques qui occuperaient l’espace et y produiraient des effets dans le remplir ; force fondamentale de notre esprit (Gemüt) qui nous rendrait capables d’intuitionner l’avenir (au lieu de pouvoir seulement le déduire selon les analogies de l’expérience) ; enfin, pouvoir de communiquer en pensée avec des hommes à distance, tels sont les trois aspects de ces forces fondamentales que Swedenborg affirmait réelles, alors que, selon Kant, ce ne sont que des choses-de-pensée, non contradictoires mais introuvables dans l’expérience, c’est-à-dire dont il n’existe aucun exemple. On notera donc que, dans les formes du rien, Leibniz et Swedenborg sont exclus ensemble du champ des possibles sans être pour autant déclarés absolument identiques. Outre la non-chose et le concept sans objet, le rien peut désigner encore l’annulation d’un objet du point de vue de sa qualité, ce qui correspond exactement à l’opposition réelle, ou nihil privativum. D’une quatrième façon, un quelque chose peut ne pas exister : la pure matière de l’espace et du temps n’est justement pas une matière organisée en objet. Les formes de l’espace et du temps sont bien la matière de l’imagination pure, et Kant les nomme pour cela êtres d’imagination (ens imaginarium), mais elles ne sont pas pour autant des objets de l’intuition. Une condition formelle de l’objet ne suffit pas à faire un objet. Sans substance, les formes de l’intuition restent vides. Cette table des catégories du rien pensent les formes de celui-ci de façon plus complète que la célèbre formule : ‘ Des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concepts, aveugles ’ » (pp. 63-64).

Sujet 4 (en relation plus particulière avec le cours « Le cogito hors de soi »)

Développez quels usages vous semblent pouvoir être faits selon vous de la catégorie de « médiateur évanouissant » en précisant des cas ou exemples, ou types de problèmes théoriques et pratiques, où vous pourriez expérimenter de l’appliquer ? Vous pouvez prendre librement appui sur les textes joints d’Etienne Balibar et de Raoul Moatti (Autour de Zizeck, PUF 2010), ou sur d’autres textes.

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