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Publié par Anthony Le Cazals

De nombreux livres de Rosa Luxemburg sont publiés ces trois dernières années aux éditions de l'Aube et à celles conjointes Agone/Smolny. Rosa Luxemburg ayant influencé la lecture de Marx par Hanah Arendt, le post-marxisme (caricaturés en Freudo-marxistes) aussi bien que le platonicien Jacques Cheminade. Voici quelques citations qui renvoient au séminaire Lazaratto de Paris 8 mais aussi au cours de Bensaïd sur Hannah Arendt.

CITATIONS / Rosa Luxemburg

Il suffit d'une brève réflexion pour se rendre compte que la théorie du matérialisme historique élaborée par Kautsky fait table rase de la théorie marxiste. Si en effet, comme le suppose l'interprétation de l'histoire par Marx, la lutte des classe [l’antagonisme moteur du capitalisme] comme la guerre ne tombent pas du ciel mas résultent de causes économiques et sociales profondes, alors ni l'une ni l'autre, ne sauraient s’évanouir périodiquement, étant donné que leur causes ne partent pas subitement en fumée. La lutte des classe du prolétariat n'est qu'une conséquence nécessaire du rapport salarial comme de la domination de classe de la bourgeoisie. Mais pendant la guerre, le rapport salarial ne disparaît pas le moins du monde, au contraire, l'exploitation augmente violemment avec la spéculation et la " fièvre entrepreneuriale " [En Allemand " Gründerfieber ", terme qui désigne les intenses mouvements de spéculations immobilière et boursière dus à la libéralisation bancaire dès les années 1870] qui fleurissent sur le sol opulent de l'industrie de guerre, ainsi qu'à travers la pression que la dictature militaire exerce sur les travailleurs. La domination politique de classe de la bourgeoisie ne s'interrompt pas plus en temps de guerre, bien au contraire la suspension des droits constitutionnels la révèle pour ce qu'elle est : une dictature de classe purement et simplement. Comment donc, puisque, en temps de guerre les sources économique et politiques de la lutte des classes jaillissent dans la société avec une puissance décuplée, leur conséquence inéluctable, la lutte des classes, pourrait-elle cesser d'exister ? Inversement, les guerres de la période historique cntemporaine résultent des intérêts concurrents des groupes capitalistes et du besoin d'accroissement du capital. Toutefois ces deux forces ne sont pas à l'oeuvre uniquement lorsque grondent les canons mais aussi en temps de paix, ce qui est précisément le moyen par lequel elles préparent et rendent inévitable l'éclatement des guerres. Après tout, la guerre - selon Clausewitz, qu'aime tant à citer Kautsky - n'est que la " continuation de la politique par d'autres moyens ". Et c'est précisément la phase impérialiste de la domination ... en cela qu'elle a proclamé, au fond, la dictature du militarisme, la guerre permanente.

Rosa Luxemburg, La brochure de Junius, la guerre et l'internationale, coédition Agone/Smolny, 2014, p. 34/35.

La citation qui suit est intéressante en rapport avec le livre de Pierre Dardot et Christian Laval, Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle.

 

Tout d'abord, la nationalisation de la grande propriété, comme présentant le degré techniquement le plus avancé de la concentration des moyens de production agricole, qui seule peut servir de base à l'économie socialiste dans les campagne. [...] Mais deuxièmement, l'une des conditions indispensables de cette transformation, c'est de supprimer l'opposition entre l'agriculture et l'industrie, qui constitue le trait caractéristique de la société bourgeoise, pour faire place à une pénétration et à une fusion complète de ces deux branches de production, à une transformation, tant de la production agraire que de la production industrielle, selon un point de vue commun. [...] Nationalisation de la grande et moyenne propriété, union de l'industrie et fr l'agriculture, telles sont les deux conditions fondamentales de toute transformation socialiste de l'économie, sans lesquelles il n'y a pas de socialisme.

Rosa Luxemburg, La Révolution russe, éditions de l'Aube, 2013, p. 24-25.

Nationalisme

L'attitude de la Finlande, de la Pologne, de la Lituanie, des pays baltes, et des nations du Caucase, montre de la façon la plus convaincante que nous n'avons pas affaire à une exception fortuite, mais à un phénomène typique

Rosa Luxemburg, La Révolution russe, éditions de l'Aube, 2013, p. 32.

Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes

Si la défaite militaire a abouti à l'effondrement et à la ruine de la Russie, les bolcheviques en portent incontestablement une part de responsabilité. Les difficultés objectives de la situation, les bolcheviques les ont aggravées eux-mêmes par ce mot d'ordre, qu'ils ont mis au premier plan de leur politique, du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes , ou ce qui se cachait en réalité derrière ce mot d'ordre : le dépècement de la Russie. [...] ce fameux droit des peuples à disposer d'eux-mêmes n'est qu'une phrase creuse, une foutaise petite bourgeoise.

Rosa Luxemburg, La Révolution russe, éditions de l'Aube, 2013, p. 29/30.

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