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Publié par Anthony Le Cazals

Qui donne et qui reçoit ?

Qui donne et qui reçoit ?

Un amusant parallèle entre deux citation mettant en scène Diogène Laërce, les stoïciens et les cyniques. A noter que le koan s'accompagne traditionnellement d'un coup de bâton.

Diogène Laërce rapporte que les stoïciens comparaient la philoqsophie à un oeuf : " La coquille c'est la logique, le blanc, c'est la morale, et le jaune, tout à fait au centre, c'est la physique ". Nous sentons bien que Diogène rationalise. Il faut retrouver l'aphorisme-anecdote, c'est-à-dire le koan. Il faut imaginer un disciple posant une question de signification : qu'est-ce que la morale, ô maître ? Alors le sage-stoïcien sort un oeuf dur de son manteau doublé, et de son bâton désigne l'oeuf. (Ou bien ayant sorti l'oeuf, il done un coup de bâton au disciple, et le disciple comprend qu'il doit répondre lui-même. Le disciple prend à son tour le bâton, casse l'oeuf, de telle manière qu'un peu de blanc reste attaché au jaune, et un peu à la coquille. Ou bien le maître doit tout faire lui-même ; ou bien le disciple n'aura compris qu'au bout de nomvbreuses années).

Gilles Deleuze, Logique du sens, p. 167.

C'est sans compter avec, cette citation-anecdote concernant Zénon le stoïvcien et Cratès le cynique, que nous rapporte Diogène Laërce : Zénon...

... monta à Athènes, et, âgé de trente ans déjà, il s’installa près d’une librairie. Là il lut le deuxième livre des Mémorables de Xénophon, et en fut si charmé qu’il chercha où vivaient ses semblables. Par chance, Cratès vint à passer, le libraire le lui montra du doigt et lui dit : « Suis cet homme. » Dès lors, il alla écouter Cratès, étant d’ailleurs lui-même fort disposé à philosopher, mais un peu trop timide encore pour s’habituer à l’impudence des Cyniques. Cratès, voulant l’aguerrir, lui donna un pot de purée de lentilles à porter à travers le quartier du Céramique et, voyant que Zénon en avait honte et essayait de se cacher, il frappa le pot et le cassa d’un coup de bâton. Zénon se mit à fuir, sentant la purée qui lui coulait le long des jambes, et Cratès lui dit : « Pourquoi te sauves-tu, petit Phénicien, je ne t’ai pas fait de mal ! » Il fut donc pendant quelque temps élève de Cratès.

Diogène Laërce

Quand on connaît le self-contrôle stoïcien, on ne peut que laisser le lecteur conclure...

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